Allocution de Mgr Ephrem (Kyriakos)

après son ordination épiscopale
20 octobre 2009 in Infos 3- Patriarcat d'Antioche

 

Nous mettons à votre disposition une traduction en français de l’allocution de Son Éminence Ephrem (Kyriakos) de Tripoli, Koura et dépendances, adressée à l’auditoire présent à la cathédrale “Al Maryamieh” à Damas, après son ordination épiscopale. Nous tenons à remercier M. Raymond Rizk pour le travail effectué sur la traduction ainsi que M. Georges Habet (& M. Antoine Khouri) pour le diaporama de l’occasion qui vous est proposé à la fin du texte de l’allocution:


Votre Béatitude Ignace IV, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient,

Messeigneurs les évêques, membres du Saint Synode Antiochien,

Messieurs les membres du Corps Diplomatique,

Révérends Pères,

Frères bien aimés,

Je me dois de dire ici une parole, parole de remerciements, parole d’espérance.

Un moine qui devient évêque. Pourquoi et comment cela est arrivé ? C’est un mystère caché que seul l’Esprit Divin peut révéler. Sa Béatitude a dit une parole qui me revient souvent à l’esprit : « Tout véritable Orthodoxe est moine, où qu’il soit dans le monde ». Cela est-il dû à son appartenance à Dieu, ou bien à sa conduite pratique et morale ? C’est là un thème qui mérite une profonde méditation mais le fondement intérieur de l’homme en est la base.

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Bien aimés, notre bon peuple aime le chant, le ravissement et les beaux discours. Or, les mots n’expriment pas toujours le fond des pensées et restent au niveau d’un chant poétique. Quelle est donc la différence entre un langage poétique et un langage inspiré de Dieu ?

Quand Il descend dans le cœur, l’Esprit Divin y suscite un mouvement intérieur profond qui agit dans l’être tout entier, jusqu’aux limites des sens. Il provoque ainsi un élan vers les autres, faisant coïncider la parole et les actes. Ce mouvement vient de Dieu et traverse notre cœur de chair pour aller à la rencontre d’autrui.

C’est dans ce contexte que je me pose la question: pourquoi es-tu là, frère ? Quelle est donc ta mission ? Qu’attend de toi l’Église aujourd’hui, toi le faible et l’indigne ?

« Le Fils de l’Homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 28). Je suis donc d’abord venu  pour servir mon Église et le monde entier, je veux dire tout homme que je rencontrerais sur mon chemin. Je veux servir et me donner jusqu’à la mort pour qu’il ne reste aucune distance séparant la parole de l’action et afin que notre peuple cesse de dire « qu’il existe un gouffre entre nous et nos chefs [spirituels, voulant dire évêques] », et que l’idée répandue que l’Église est loin de son peuple cesse de se propager. Je sais pertinemment que notre peuple est bon et qu’il a faim et soif de la Parole de Dieu. Cependant, il veut que nous allions vers lui, que nous le cherchions là où il se trouve, que nous retrouvions tout égaré et le ramenions dans la joie au bercail.

Notre Église est porteuse de la Bonne Nouvelle. Il nous faut retrouver cette tradition, c’est ‘un dépôt’ dont nous devons rendre compte. « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » disait l’Apôtre (1 Cor 9, 16). La mission d’annoncer la Bonne Nouvelle consiste, selon des connaisseurs de la situation du monde d’aujourd’hui, dans un retour de l’homme à Dieu, laissant derrière lui ses convoitises, ses plaisirs et son égoïsme. Notre Église Antiochienne a un message unique et particulier qu’elle se doit d’accomplir et de porter à tout homme et sur toute la terre.

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Bien aimés, la terre que nous foulons est une terre sainte. Son sol est pétri du sang des martyrs et des saints. « Mettons à profit le temps présent, car les jours sont mauvais » (Ep. 5, 16).

Utilisons donc l’occasion qui nous est offerte avant qu’il ne soit trop tard. Aidez-moi, vous qui aimez Dieu, afin que je ne m’enlise point dans les soucis de ce monde, dans ses richesses, ses plaisirs et afin de ne pas nous trouver étouffer par ses ronces, son formalisme, ses réjouissances et ses banquets mondains. Je vous en supplie, aidez-moi, car sans vous je ne suis rien. Un Grand Prêtre [d’Israël] a dit qu’ « il fallait que Jésus meure pour la nation, et non seulement pour elle, mais pour réunir dans l’unité les enfants de Dieu qui sont dispersés » (Jn. 11, 51-52).

Certes, mourir pour que les autres vivent, car se mettre au service est un asservissement à Dieu et aux autres, un asservissement aimant où réside la vraie liberté.

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Je n’oublierai pas les prières de Sa Béatitude et Sa confiance qui vont m’accompagner et m’apporter consolation et force, ma vie durant. [Je n’oublierai pas non plus] les prières de tous les évêques sans exception aucune, ni non plus celles des prêtres qui luttent avec moi et sur lesquels je vais pouvoir compter plus particulièrement. Je ne peux oublier non plus les prières de mes frères et sœurs, moines, moniales et tous les fidèles ainsi que, spécialement, les pères spirituels à Balamand et dans la sainte Montagne de l’Athos qui m’ont enfanté en Christ. Je voudrais aussi mentionner mes fils spirituels, ma patrie, le monastère de saint Michel et ses moines, le village très aimé de Nahr Baqaata, qui m’ont permis de goûter à la joie d’une vraie vie de communion.

Je n’oublierai jamais mon devoir : mener paître la nouvelle génération de jeunes, en étant proche d’eux et avec amour, car « l’amour ne disparaît jamais » (1 Cor : 13 :8). L’objectif étant qu’ils ne sombrent pas face aux convoitises, aux séductions et aux poisons de ce siècle.

Enfin, je n’oublierai surtout pas mes frères les pauvres, ces petits que je me dois d’approcher avec la compassion de Dieu, afin que je ne sois pas condamné pour ne pas les avoir [assez] aimés.

Je vous remercie tous pour votre affection et pour la peine que vous vous êtes donnée et je rends grâce à Dieu pour toutes choses. Amin.

 

Ephrem,

Métropolite de Tripoli, Koura et dépendances

Le 18 Octobre 2009 

 

Source: Paroisse St Ignqce le Théophore - Nice

Ordination épiscopale

du R. Archimandrite Ephrem (Kyriakos)
 


Sa Béatitude Ignace IV d’Antioche et de tout l’Orient,  a présidé la Divine Liturgie le dimanche 18 octobre à la cathédrale patriarcale “al Mariamieh” à Damas au cours de laquelle le R. Archimandrite Ephrem (Kyriakos) - parcours ci-joint – a été ordonné évêque de l’Archidiocèse de Tripoli, Koura et dépendances – Liban. Les membres du saint synode avaient élu l’higoumène du monastère de l’Archange Michel à Bakaata-Nahr Baskinta lors de la première journée de la session ordinaire réunie le 6 octobre du mois courant. Ceux parmi eux qui ont participé à la célébration sont: Eminences, Georges (Khodr) du Mont Liban, Youhanna (Mansour) de Latakieh, Antonios (Chedraoui) du Mexique, Sergios (Abd) de Chili, Damaskinos (Mansour) du Brésil, Saba (Isbir) de Houran, Georges (Abou Zakhm) de Homs, Boulos (Yazigi) d’Alep, Silouane (Moussi) d’Argentine, Basilios (Mansour) du Akkar, Youhanna (Yazigi) de l’Europe Occidentale et Centrale ainsi que leurs Excellences les évêques vicaires Luca (Khouri) et Ghattas (Hazim) et trois représentants du monastère d’Agios Pavlos du Mont Athos.

 

Source: Paroisse St. Ignace le Théophore - Nice

 

 Éphrem Kyriakos

Nouveau Métropolite élu De Tripoli, Koura et Dépendances
des Antiochiens Orthodoxes

 

 

Né à Beyrouth le 15 Avril 1943. Fils de Jamil Kyriakos et Alice Manassa. Il a vécu avec sa famille dans la ville d’Achrafié jusqu'à son entrée à l’institut de théologie.

 

Il a étudié au Collège International à Beyrouth puis à la faculté de génie à l’Université Saint Joseph (USJ). Il a continué ses études à Paris où il s’est spécialisé en Électronique & Télécommunication. Il a fondé comme ingénieur de Télécom la station de communication avec les satellites de “Al Arbaniyé” où il q travaillé pour un certain temps.

 

Il a enseigné à L’USJ, à l’institut technique de Dekwané et au Collège National Orthodoxe (St. Elie) à Tripoli Mina. Il est trilingue et parle et écrit couramment le français, l’anglais et le grec.

 

Après ses études en Génie, il a poursuit des études en théologie à l’institut St. Jean Damascène de Balamand pour obtenir la licence en théologie en 1972. Durant les années 1977-1978 l’ex-patriarche d’Antioche et tout l’Orient Elias IV le  nommé comme doyen de l’institut de théologie à Balamand.

 

Il a été ordonné diacre le 15 aout 1974, et prêtre le 15 octobre 1978. il a prit la tonsure de moine au monastère de St. Paul au Mont Athos en Grèce sous le nom d’Éphrem, où il a obtenu le grand habit monastique le 16 october 1983.

 

A la fête de l’archange St. Michel le 8 novembre 1991, (Michel) Kyriakos, qui comme a prit saint Éphrem le syriaque comme patron, a été promu au rang d’Archimandrite par le Métropolite du Mont-Liban, Georges Khodr.

 

Il a fondé une communauté monastique orthodoxe au monastère de l’archange St. Michel à Baskinta en 1984 qu’il a présidé depuis 1984 comme higoumène et père spirituel.

 

Le 6 octobre 2009 le saint synode de l’Église Orthodoxe D’Antioche a élu l’Archimandrite Éphrem Kyriakos métropolite du diocèse de Tripoli, Koura et dépendances.

Le nouveau Métropolite élu Kyriakos est connu par sa grande spiritualité orthodoxe. Il est l’une des rares grandes images et personnalités Orthodoxes au moyen orient. Il a écrit et traduit beaucoup d’ouvrages.

 

De ses paroles
Le croyant orthodoxe est ascétique dans sa vie, moine dans son meuble, dans son travaille et dans son habillement, chaste dans ses
sentiments et pensées, c’est parce qu’il est amoureux du Seigneur, il aime le voisin, il a le cœur et l’intellect ouvert vers toutes les religions et tous les courants de pensées tout en restant très rigoriste contre son dogme. 

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Chroniques "antiochiennes" d'une rentrée chargée !

L'archimandrite Ephrem (Kyriakos), le nouvel ange du diocèse de Tripoli

 

 

 

Par Carol Saba, mardi 6 octobre 2009

Paroisse Saint Etienne des grec-orthodoxes d'Antioche à Paris

Responsable de la communication de l'AEOF

Informer, partager, développer la "prise de conscience", cultiver le "discernement", entretenir la "nepsis", voilà les maître- mots d'une diaconie et pastorale de la communication d'Eglise qui tend vers davantage de "communion". Ces "chroniques antiochiennes" suivront périodiquement le rythme de l'actualité "saillante" de la vie de l'Eglise orthodoxe d'Antioche mais aussi, à travers elle, celle des chrétiens d'Orient. Forcément personnelles, dans leur sélection et leur tonalité, ces chroniques constituent un regard analytique qui cherche à pister l'essentiel. Elles comporteront par moment, des coups de coeur et des coups de gueule, des analyses, des décryptages, des portraits. Elles proposeront des échelles de réflexion et des points d'entrées sur des questions qui font débat à Antioche mais qui peuvent être d'intérêt pour le plérome de l'Eglise orthodoxe.

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AXIOS ! Un grand ouf de soulagement ! La bataille de Tripoli n'aura pas lieu ! Un consensus s'est dégagé en faveur d'un homme de Dieu, un "messie du Seigneur", le père archimandrite Ephrem, un homme de prière, un digne représentant de ce monachisme athonite qu'on aime, un monachisme exigeant sur l'esprit et pas la lettre, un monachisme de grande douceur spirituelle et de nepsis (éveil) de l'âme, un monachisme de discernement, un monachisme agissant dans l'humilité, la transparence et l'amour à l'image de la tradition ces pères spirituels du Mont Athos.

Au premier jour de sa session ordinaire d'automne, le Saint Synode du Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche (qui a débuté ses travaux aujourd'hui sous la présidence de Sa Béatitude le patriarche Ignace IV d'Antioche) vient de procéder à l'élection d'un nouveau métropolite pour le siège métropolitain de Tripoli (Nord Liban), un "ange" du diocèse, c'est-à-dire son protecteur, selon l'appellation de notre tradition locale. Le nouveau métropolite élu, en la personne de l'archimandrite Ephrem (Kyriakos), était jusque là, higoumène du monastère de l'Archange Michel à Baskinta (Liban).

Ce synode d'automne a fait couler beaucoup d'encre durant la période estivale jusqu'à la veille de l'élection ! L'élection du nouvel évêque pour le siège métropolitain de Tripoli, y était pour quelque chose. Ce diocèse était devenu vacant depuis le rappel au Seigneur de feu Son Eminence le métropolite Elie (Corban) le 30 juillet dernier à l'âge de 84 ans, après avoir servi le diocèse tripolitain pendant 47 ans.

 

 

Capitale du Liban nord, Tripoli (du grecTripolis, la cité divisée en trois parties), une des échelles du Levant, avec son front de mer et son port ancestral, est la deuxième grande ville du Liban. La présence des grec-orthodoxes remonte à plusieurs siècles dans cette région côtière du Liban, baignée par le soleil d'Orient. Les "roums" étaient très bien enracinés au sein de la ville même de Tripoli mais aussi dans les régions avoisinantes, celle de la forteresse orthodoxe du "Koura". Les 91 églises et édifices de culte que compte le diocèse de Tripoli est une illustration des heures de gloire de cet enracinement sociologique. Longtemps durant, les familles orthodoxes peuplaient la ville même de Tripoli et plus particulièrement, son quartier, mythique, quasi-orthodoxe du port, connu sous le nom "Al Mina".

Pasteur apprécié par ses fidèles, considéré comme un des meilleures mélodes de l'Eglise d'Antioche, Mgr Elie (Corban) avait été élu à ce siège en 1962 après avoir servi à l'issue de ses études de théologie à l'Institut Saint Vladimir à New York, dans une paroisse antiochienne à Boston au Etats-Unis dans le diocèse antiochien. Ces longues années épiscopales, passées au service des tripolitains, lui ont permis de développer le travail pastoral mais aussi de faire fleurir une multitude d'établissements socio-scolaires et caritatifs, des dispensaires, des foyers de jeunes et de vieillards ainsi que des orphelinats. Le diocèse compte aujourd'hui 42 paroisses actives servies par 51 prêtres et deux diacres ainsi que neuf monastères.

Le nouvel évêque élu, abouna Ephrem, est un homme de Dieu, un "messie du Christ". Une des plus grandes figures spirituelles contemporaines du Patriarcat d'Antioche. Né à Rashaya, un village de la région frontalière entre le Sud Liban et la plaine de la Bekaa au Liban, il a été avant tout un homme de sciences, ingénieur de formation ayant accompli, vers la fin des années 1960 des études de génie à l'Université Saint Joseph des pères jésuites à Beyrouth. Il a même poussé ses études, par une spécialisation à Paris. Après une expérience professionnelle, il a choisi la voie des études théologiques sur les collines de Balamand à l'Institut de théologie orthodoxe Saint Jean Damascène, études complétées à l'Académie de théologie de Thessalonique en Grèce.

C'est en Grèce que la vocation monastique s'est précisée. Moine il a voulu être et moine il a été. Il passa plusieurs années à la Sainte Montagne sous la direction spirituelle de son père spirituel, l'Ancien Parthénios, higoumène du monastère Saint Paul de l'Athos qui l'a tonsuré moine et lui donna le nom d'Ephraïm en hommage et dans la lignée de ce saint d'Orient, Saint Ephrem le Syrien. Il reviendra au Liban à la demande expresse de feu Sa Béatitude le patriarche Elias IV d'Antioche (prédécesseur du patriarche) qui lui demanda de prendre en charge, pendant la période des débuts de la guerre du Liban l'Institut de théologie Saint Jean Damascène. Ce qu'il fit et il fut le doyen de 1979 à 1981 date à laquelle il décida de fonder une communauté monastique dans le village Baskinta, au Mont Liban, village perché à 1200 mètres d'altitude en face de la célèbre chaîne mythique de montagnes du Liban, Sannine. Le monastère qui est dans la juridiction du diocèse du Mont Liban est placé sous l'omophore de Son Eminence le métropolite Georges Khodr. Il est sous la protection de l'archange Michel et son église est dédiée à saint Ephrem le Syrien. Polyglotte, arabe, français, grec, anglais, le nouveau métropolite est un homme de grande spiritualité mais aussi un homme de science à l'instar de cet autre ancien du nom de Païsios.

De longues années durant, au cours du siècle passé, les élections d'évêques métropolitains dans l'Eglise orthodoxe d'Antioche avaient selon les cas, fait l'objet de tractations et de tiraillements multiples entre les tenants d'un courant dit "conservateur", et ceux du courant dit "réformateur". Le premier était composé d'écclésiastiques formés à l'école traditionnelle alors que le second était nourri et inspiré essentiellement par les idées et les membres du Mouvement de la jeunesse orthodoxe (MJO).

 

Fondé dans les années 40 notamment par des membres qui ont connu la théologie de l'école de Paris et de l'Institut Saint Serge, le MJO pronait une indispensable réforme au sein de l'Eglise orthodoxe d'Antioche et cherchait à appliquer les préceptes d'une ecclésiologie de communion, favorable à davantage de synergie entre les différentes composantes du peuple de Dieu.

 

Le mouvement soutenait particulièrement, l'idée d'un rôle plus accru des "laïcs" et une meilleure coopération, "association", voire "synergie" entre les représentants du "sacerdoce de service", évêques, prêtres et diacres d'un côté, et ceux du "sacerdoce royal", de l'autre, des laïcs engagés dans la vie de l'Eglise, conscients des exigences de leur baptême et de leur responsabilité ecclésiale dans l'édification de l'Eglise, de son vécu et de son expression.

Rétrospectivement, certains considèrent que l'avènement de la guerre du Liban (1975-1990) a empêché la bonne application des réformes dont l'introduction dans les statuts du patriarcat, a été facilitée par l'arrivée à la tête des diocèses, d'évêques dit "réformateurs", notamment issus des rangs du MJO. D'autres pensent aujourd'hui, que la fin officielle de la guerre au Liban (en 1990), et le retour à une forme de stabilité dans ce pays, auraient dû en dépit des secousses intermittentes, permettre une reprise de l'application des réformes et la formation, au sein des diocèses, des instances diocésaines qui permettent davantage de communion et de synergie entre les composantes essentielles du peuple de Dieu dans la "production" du vécu ecclésial et pastoral. Or, en réalité, dans la plupart des cas, les situations ecclésiales n'ont pas suffisamment évolué ce qui a entraîné depuis plusieurs années des accumulations regrettables dans la gouvernance des diocèses.

Les malaises et les opinions qui se sont exprimés récemment à l'occasion des préparatifs autour de l'élection du métropolite de Tripoli en sont une illustration sérieuse.

Pour la première fois, depuis longtemps, des questions de cette nature (dont celle particulièrement, du degré de participation des fidèles, clercs et laïcs, du diocèse vacant dans le processus de sélection des candidats au siège du métropolite, à élire par le Saint Synode), dépassent le stricte cadre ecclésial et trouvent d'une manière ou d'une autre, des relais dans une certaine presse nationale.

Un journaliste dans un quotidien libanais, Al Akhbar, a consacré deux articles, un le 25 août et le second le 1er octobre dernier, aux questions qui selon lui agitent les orthodoxes autour et à l'occasion des élections du métropolite de Tripoli. Articles qui n'ont pas fait l'unanimité et qui ont été jugé par certains comme étant polémiques et par d'autres approximatifs et

 

parfois erronés et ne prenant pas en compte la manière dont les orthodoxes traitaient leurs affaires ecclésiales internes.

Sur un tout autre registre, le métropolite Georges (Khodr), métropolite du Mont Liban, une grande référence pour nous tous et pour l'ensemble du patriarcat et bien au-delà, a consacré à ces questions un éditorial très intéressant intitulé le "système conciliaire dans l'Eglise d'Orient". Dans cet éditorial, publié samedi 3 octobre dernier dans le quotidien libanais national An Nahar, Mgr Khodr a expliqué la tradition ecclésiale orthodoxe et les fondements théologiques et ecclésiaux de la "conciliarité" orthodoxe dont le Saint Synode est, dans l'Eglise, l'expression ultime.

Un autre son de cloche, aussi versé dans la tradition orthodoxe, est venu de l'archimandrite Thomas (Bitar), higoumène du monastère orthodoxe Saint Silouane l'Athonite situé dans la région de Douma, au Nord Liban, considéré comme une référence spirituelle qui s'exprime avec radicalité et audace. Dans une chronique intitulée "Le Saint Synode à venir !", publiée dimanche dernier 4 octobre 2009 sur le site de la famille de la Sainte Trinité (www.holytrinityfamily.org), l'archimandrite Thomas a indirectement interpellé les évêques membres du Saint Synode en indiquant que "l'image des saints synodes, d'une manière générale, n'est pas claire, dans les esprits". Il a tenu à expliquer l'importance de l'enjeu ("le choix des évêques n'est pas comme celui des membres du parlement ou d'une municipalité") et à mettre en relief le travail de "synergie" entre les évêques, le peuple de Dieu et l'Esprit Saint pour le choix d'un évêque qui soit celui qui est choisi comme étant "le messie du Seigneur". "Nous aspirons, écrit-il, à un choix par les évêques et le peuple, de celui qui a été choisi par Dieu comme son messie, son témoin et le serviteur qui veille sur son coeur".

Le débat actuel pose indirectement la question, essentielle, de la gouvernance des diocèses et la manière d'organiser les sphères de communion en leur sein, d'une manière qui soit conforme à la tradition et en même temps prend en considération les besoins actuels du témoignage.

Deux modèles indirectement s'y affrontent. D'un côté, celui de la "gouvernance directe" qui prône d'une certaine manière un évêque "président" qui administre, gouverne, et se retrouve en première ligne de toutes les instances diocésaines, y compris paroissiales. De l'autre, le modèle de gouvernance "indirecte" qui fait de l'évêque, moins un administrateur, mais la vraie et unique "référence" ultime, qui inspire, donne l'impulsion,

 

bénit et contrôle les initiatives et sans l'avis et le consentement duquel "rien d'important" (selon les termes de l'article 34 du canon des saints apôtres) ne peut et ne doit se faire au sein du diocèse.

Le premier modèle pourrait, en réalité, favoriser l'émergeance d'une structure de type "monarchique", pyramidale, mettant l'évêque à la tête d'une structure pyramidale alors que la seconde serait plutôt, de structure de type "conciliaire", garante d'une meilleure concertation, conciliarité et synergie entre les différentes composantes du diocèse sous l'impulsion, l'inspiration, la direction spirituelle et la bénédiction de l'évêque qui est, et reste, selon notre ecclésiologie orthodoxe, comme à la sainte liturgie, au "centre" de l'Eglise, autour duquel, selon Afanassief, tout s'organise.

Reste que le monde d'aujourd'hui, que ce soit en Orient ou en Occident, est un monde de plus en plus complexe. L'Eglise se doit, pour faire face aux multiples défis de cette époque, de renforcer les cercles de communion impliquant une coopération étroite entre les différentes composantes du peuple de Dieu au sein d'un même diocèse. Et chaque diocèse doit avoir le souci de la communion avec les autres afin d'étendre les cercles de "communion", et être l'Eglise, corps du Christ.

Ainsi, la mise en place d'instances diocésaines clérico-laïques qui permettent, sous la direction, l'impulsion et la bénédiction de l'évêque diocésain et des prêtres des paroisses, une meilleure synergie entre tous les membres du diocèse en vue d'une "co-production" de la vie ecclésiale et paroissiale, demeure la question de fond à laquelle le Saint Synode serait appeler à apporter, à travers l'élection d'un nouveau métropolite pour le diocèse de Tripoli, une réponse pour la gloire du Christ ressuscité Dieu et de Son Eglise. 

 9 octobre 2009 in Infos 3- Patriarcat d'Antioche

 

Ordination épiscopale du R.P. Ephrem (Kyriakos)

 

Le site de l’Archidiocèse de Tripoli, de Koura et leurs dépendances, annonce que l’ordination épiscopale du R. Archimandrite Ephrem (Kyriakos), nouvellement élu Métropolite dudit diocèse aura lieu le dimanche 18 octobre 2009 à la cathédrale patriarcale “al Maryamieh” à Damas.


Retrouvé du site: http://orthodoxesantiochenice.wordpress.com/2009/10/09/ordination-episcopale-du-r-p-ephrem-kyriakos/

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