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Allocution de Monseigneur Ephrem
A L’Inauguration à Tripoli d’une avenue dédiée au Métropolite Elias (Corban)
“L’homme est honoré pour ses bonnes œuvres afin qu’il soit présenté comme exemple à suivre dans le service accompli. L’honneur concret et parfait vient uniquement de Dieu qui connaît les secrets des hommes.
Le bien parfait qu’accomplit l’homme est celui qui reste secret aux yeux des autres et qui est connu exclusivement par Dieu, à Lui la gloire. Le Seigneur est l’unique source de ce bien et Il déverse sa grâce sur l’homme pour le bien-être commun et le salut de tous.
Nous voici rassemblés aujourd’hui, avec l’accord de Dieu, pour honorer un serviteur vertueux qu’était le Métropolite Elias (Corban) de trois fois Éternelle Mémoire. Il est honoré pour tout bien qu’il a accompli en témoignant pour l’Église du Christ à travers l’attention consacrée pendant de longues années aux besoins et inquiétudes de tous les enfants de la ville de Tripoli particulièrement mais aussi ceux du Nord et de notre patrie le Liban d’une façon générale.
Nous remercions le président de la municipalité de Tripoli M. Rachid Jamali et tous les membres du conseil municipal qui ont désiré et voulu que Tripoli se souvienne à jamais de ce Métropolite qui l’a accompagné pendant un demi-siècle, et que sa mémoire y demeure en baptisant une de ses avenues à son nom. Il n’y a pas de doute que la municipalité de Tripoli, à travers son président et son conseil, a contribué et contribue au bien général dans cette ville et ses environs. Nous remercions la municipalité de Tripoli pour le respect et la valorisation de l’œuvre accomplie par le Métropolite Elias (Corban) et l’Archidiocèse de Tripoli et qui s’est révélée constructive et dans l’intérêt de la ville et tous ses habitants.
Merci à Dieu tout d’abord et à vous tous avec mes salutations.
+ Ephrem
Tripoli le 21.05.2010
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Le Chrétien Face aux défis du Siècle
Métropolite Ephrem de Tripoli
Témoigner de sa chrétienté et la vivre dans le monde d'aujourd'hui, tenter de répondre aux questions que des jeunes, achevant leurs études secondaires et s'apprêtant à entrer à l'université peuvent se poser sur leur place dans l'Eglise et dans la société, tels sont les thèmes abordés lors d'une causerie à laquelle le métropolite EPHREM avait été invité à participer, au début de cette année, à l'école orthodoxe de Zahret el Ihssan, à Beyrouth, avec des élèves de classes terminales. Enregistré par le MJO (Mouvement de la jeunesse orthodoxe) local. Traduit de l'arabe par nos soins.
Le métropolite EPHREM (Kyriakos), 67 ans, est l'évêque du diocèse de Tripoli, au Nord-Liban, siège auquel il a été élu par le saint-synode du patriarcat d'Antioche en octobre 2009 (SOP 342.21). Précédemment, il a été moine au monastère Saint-Paul du Mont Athos (Grèce), puis au monastère Saint-Archange-Michel, à Baskinta (Mont-Liban), dont il a été le fondateur, en 1984, puis le supérieur, jusqu'en 2009. Diplômé à la fois de génie civil - notamment de Supelec, à Paris - et de théologie, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité, parmi lesquelles notamment des «Commentaires patristiques des Evangiles et des Epîtres du dimanche» et «La vie et les écrits de saint Ephrem», publiés en arabe.
Je suis parmi vous aujourd'hui non pas pour donner une conférence mais pour faire une simple causerie. Je m'adresserai, en tout premier lieu, aux lycéens. Cette causerie, je l'intitulerais volontiers « le chrétien face aux défis du siècle ». Faisant partie de la nouvelle génération de ce siècle, vous faites face, et vous aurez à faire face, au monde d'aujourd'hui et à ses défis. Comme il ne s'agit pas d'une conférence, je m'abstiendrai d'ailleurs de faire un expose sur les mérites et les caractéristiques du monde d'aujourd'hui, puisque vous êtes en train de les vivre, l'expérience valant mieux que tout exposé.
Commençons par envisager les traits spécifiques de notre siècle que vous aurez à affronter, une fois votre scolarité terminée. Nul doute que notre époque est difficile. Je la qualifie de difficile, parce que je crois qu'elle manque de droiture. En fait, qu'est-ce qui la caractérise vraiment ?
Comme vous l'avez vous-mêmes sans nul doute remarqué, on constate un énorme progrès scientifique, et plus particulièrement, dans le domaine de la technologie. Les moyens technologiques évoluent à un rythme excessivement rapide, et cela de jour en jour. II faut donc avoir un « bagage » [en français dans le texte] adéquat pour être en mesure de suivre cette rapide évolution. Il suffit d'ouvrir un ordinateur et de se brancher sur Internet pour accéder à d'abondantes et formidables bases de données. En l'absence de discernement, il est très facile de s'y perdre. Ne sachant pas comment y choisir l'utile, on se trouve perdu devant cet énorme « bagage », ce trop-plein de données.
Certes, il y a aussi un semblant d'unité qui caractérise également notre époque, on parle de « mondialisation ». L'homme d'aujourd'hui vit dans l'illusion qu'il est capable, grâce aux moyens de communication et aux médias, d'unifier le monde entier. Cela est vrai en partie. Je vais vous en donner un exemple. Quand le saint-synode m'a élu, une personne m'appela d'Amérique, au moment ou les évêques venaient à peine de quitter la salle de réunion. Elle avait déjà appris mon élection ! Donc, en l'espace de cinq minutes, les quatre coins de la terre avaient appris qu'un évêque venait d'être élu pour le diocèse de Tripoli et de ses dépendances. Qui sommes-nous par rapport au monde d'aujourd'hui pour susciter un tel écho? Ce n'est qu'un simple exemple pour illustrer l'étendue et la rapidité des moyens de communication d'aujourd'hui.
Mais, le monde dans lequel nous vivons, devient petit à petit un monde matérialiste. Bientôt, vous ferez des études spécialisées et vous entrerez peut-être dans le domaine de l'économie. De nos jours, l'économie régit le monde, et c'est elle qui cause - comme vous l'avez sans doute réalisé - des crises mondiales.
« Le corps n’est pas une marchandise »
Cependant, ce que l'on appelle parfois aujourd'hui, a l'échelle mondiale, « la civilisation du corps », vous concerne davantage. Qu'en est-il de cette « civilisation du corps» ? De nos jours, toute publication, tout média et tous les produits en vogue dans le monde se concentrent sur le corps de l'homme. Il n'y a pas de panneau publicitaire, partout sur les routes, qui n'exhibe et n'expose le corps, le plus souvent, bien sûr, celui de la femme, pour promouvoir la vente de ses produits. Le corps est exploité pour des raisons commerciales. Il est de mon devoir d'attirer votre attention sur cela. Pour nous, chrétiens, le corps n'est pas une marchandise. Il ne peut donc être un moyen pour faire gagner plus d'argent. C'est la le point de vue du chrétien.
Vous remarquerez aussi que tous les humains, pas seulement les jeunes, mais aussi bien les moins âgés que les plus âgés, s'occupent en priorité du "paraître, et cela dans toute institution, même au sein de l'Eglise. Ils soignent leurs vêtements, ils se soucient de leur apparence, ils recherchent la meilleure veste à porter, la meilleure cravate à nouer, pour paraître plus beaux, meilleurs. Je vous le demande - discutons-en et posez-moi des questions: est-ce que la valeur de l'homme est seulement dans son corps? Se limite-t-elle à son apparence ? Qu'est-ce donc que la personne humaine ?
« Les capacités intellectuelles de l'homme sont inépuisables, c'est une grâce de Dieu »
Notre Eglise nous enseigne, comme exprimé par nos Pères, que l'homme est constitué d'un corps, d'un esprit et d'une âme. Nul doute que Dieu a créé l'esprit, cet esprit humain dont les capacités sont illimitées. Les savants d'aujourd'hui affirment qu'ils n'utilisent qu'une partie infime du cerveau de l'homme au service de l'évolution scientifique et technologique. Les capacités intellectuelles de l'homme sont donc inépuisables. Cela est merveilleux. C'est une grâce de Dieu.
Mais, aux yeux du chrétien, l'homme n'est pas uniquement un esprit. Il n'est pas non plus seulement un corps. L'homme est aussi une âme. Imaginez un homme instruit, détenteur de diplômes universitaires, un vrai spécialiste, mais qui n'a pas réussi sa vie. S'il n'a pas d'espérance, il sera malheureux, malgré son travail, son argent, ses études et ses diplômes. II ne vous est peut-être pas possible de bien saisir ceci pour le moment, mais, avec le temps, vous comprendrez ...
Celui qui voyage beaucoup de par le monde, rencontre nombre de personnes riches et de gens très instruits (moi-même, j'ai beaucoup voyagé, particulièrement en Occident), mais s'i1 lui arrive d'aller chez eux, il s'aperçoit souvent qu'ils sont malheureux. Ils rentrent seuls à la maison. Certains sont mariés, d'autres, et c'est souvent le cas, ne le sont pas. Il y en a qui vivent en concubinage, d'autres vivent seuls. Ils rentrent chez eux, et que font-ils? Ils regardent la télé, ou ils vont à un café pour y boire une bière ou leur boisson préférée (de nos jours, chez nous, au Liban, ce sont les narguilés qui sont à la mode). Mais, dans leur for intérieur, les gens restent tristes. Pourquoi ? Parce qu'ils sont seuls. L'être humain n'est heureux qu'avec un autre être humain, dans la communion avec les autres. S'il n'a pas de famille, s'il n'a personne qu'il aime et qui l'aime en retour, il restera triste. Nous arrivons la au domaine de la spiritualité.
Acquérir la paix intérieure pour atteindre « l'unité de l'être humain »
Si l’homme n'unifie pas le corps, l'âme et l'esprit, il restera morcelé. Je pense que vous avez assez d'expérience pour saisir ce point très délicat. Pour l'Eglise, l'homme est un. S'il ne développe qu'une partie de son être, il sera une personne divisée. Dans le jargon de la médecine moderne, il sera atteint de schizophrénie, d'une désagrégation de la personnalité. II ne sera pas une personne accomplie. La schizophrénie, la désagrégation de la personnalité, est la maladie psychique la plus répandue dans le monde d'aujourd'hui. Pourquoi? Parce ce que nous ne développons pas tous les aspects de la personne humaine.
Si l'homme développe son corps à l'extrême sans développer son âme, il restera partagé (même s'il développe son esprit) et donc sera déséquilibré. II ne jouira pas d'un «équilibre intérieur» [en français dans le texte]. Une personne - un homme, une femme - qui ne possède pas la paix intérieure ne peut rien faire de productif ou de fructueux. Son œuvre restera toujours partielle, inachevée. Ainsi, faute de cette unité de l'être humain, hors cet «équilibre de la personne humaine » [en français dans le texte], l'homme ne pourra réussir et porter de fruits.
Je vais maintenant aborder un sujet, que, je crois, vous concerne plus particulièrement. Du moment que nous venons de traiter de l'unité de la personne humaine, sachez que l'homme qui ne développe pas tous les aspects de sa personnalité, non seulement devient un homme partagé, perdu, épars, mais aussi un homme menteur, donc artificiel. Il est menteur, car il vit une dichotomie entre l'être et le paraître. Il affirme quelque chose et vit autrement. C'est bien une schizophrénie de la personne, qui est l'une des caractéristiques les plus dangereuses et les plus négatives de l'homme d'aujourd'hui. Je parle du mensonge. Qui peut me dire quelle est la vertu opposée au mensonge? Lequel d'entre vous le sait? C'est, bien sûr, la sincérité, qui consiste à «être conséquent avec soi-même » [en français dans le texte]. C'est en cela que consiste l'unité. C'est la chose la plus difficile et la plus importante qui soit.
Je veux profiter de cette occasion pour vous donner un conseil. Il est possible que nous nous revoyions encore, comme il est aussi possible que je ne vous revoie plus. Je vous conseille donc de ne pas devenir des menteurs. Ne soyez pas artificiels. Vous êtes jeunes, à la fleur de l'âge. Vous êtes courageux, hardis, ambitieux. Quoi que vous fassiez, partout ou vous irez, soyez sincères. Essayez d'être sincères. Ne mentez jamais. Dites courageusement vos convictions, même si l'on ne vous écoute pas. Cela revêt une importance cruciale. Vous êtes jeunes, et un jeune, au fond de lui-même, aspire toujours à la vérité, et ce malgré ses mauvaises expériences, ses peccadilles et ses tentations. Il aspire à ce qui est vivant et sincère. Voila qui n'est pas étranger à l'Evangile.
« La vérité vous rendra libres »
Nous lisons dans l'Evangile : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » De nos jours, la jeunesse, de par le monde, n'a d'autre aspiration que la liberté. Or, la liberté ne peut pas être superficielle. Elle se réalise quand on connaît la vérité et qu'on est honnête envers soi-même. C'est alors que l'on devient libre. Qu'est-ce qu'être libre ? C'est n'être plus esclave, n'être plus captif. Notre corps ne doit pas nous réduire en esclavage. De même, nous ne devons pas être esclaves d'un leader politique, bien que ce soit le comportement habituel, excusez-moi de le rappeler, chez des Libanais vivant au Liban. Dieu seul peut nous inviter à restreindre notre liberté. Sinon, nous ne sommes pas de vrais chrétiens, mais seulement des chrétiens de nom. Vous qui êtes à la fleur de l'âge, relevez le défi ce que nous avons intitule « les défis du siècle », ce siècle qui, souvent, vit de mensonges. Le chrétien n'abaisse pas la garde devant ces défis. Il se doit de tout examiner: chaque mot qu'il entend, chaque image qu'il voit, tout programme télévisé qui lui est proposé, et n'adopter, ni retenir que ce dont il est convaincu, tout en rejetant le reste.
Permettez-moi de vous donner un exemple pris dans l'Evangile. Le Seigneur Jésus était en jugement devant Ponce Pilate. Ce dernier lui demande : Pourquoi es-tu là ? Tu as quitté le ciel pour t'incarner, venir ici, et te voilà en train de souffrir. Pourquoi? Et le Seigneur répond : « Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité. » Vous savez bien que cet homme, Ponce Pilate, était le gouverneur romain, et souvent les gouverneurs, ceux d'aujourd'hui tout autant, ne comprennent pas grand-chose aux choses divines et spirituelles, ils n'ont pas le temps de s'y intéresser. Suite à la réponse du Seigneur : «Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité », Pilate demanda : «Qu'est-ce que la vérité?» Tout un chacun peut affirmer qu'il a raison, qu'il est du côté de la vérité. Mais, en fin de compte, où est la vérité? Que répondrez-vous à une telle question? Qui peut me donner une réponse ? Quelle était la réponse du Seigneur Jésus lorsque Pilate lui demanda : «Qu'est-ce que la vérité ?, montre-moi ou se trouve la vérité ». Lequel d'entre vous peut répondre ? Quelqu'un aurait-il une réponse? .. [Silence]. Vous venez de faire exactement ce qu'a fait Jésus: il n'a point répondu ... [Applaudissements].
« Le chrétien doit avoir la foi, l'espérance et la charité »
Dans un autre passage de l'Evangile, le Seigneur Jésus n'a-t-il pas dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie» ? En effet, c'est lui qui est la Vérité. Puisque le titre de notre causerie est: «le chrétien face aux défis du siècle », nous devons affirmer que les chrétiens ont un seul recours, un seul refuge, un seul modèle. Quel est-il, donc, ce modèle que nous devons suivre ? Bien sûr, c'est Jésus-Christ. Quand nous connaîtrons le Seigneur Jésus, sa vie sur terre, Il deviendra lui-même' notre recours. II nous apprendra comment nous comporter. Pourquoi restons-nous alors comme égarés ? N'a-t-il pas dit aussi dans l'Evangile : «Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » ? La vraie liberté est liée à la foi, à l'espérance et à la charité. Celui qui n'a pas la foi, qui n'a pas de principe dans sa vie, n'est rien. Il ne vaut pas grand chose. II se comporte comme un mouton (de Panurge), qui suit ..., qui suit toujours, sans vraiment savoir ce qu'il suit. Que suit-i1 ? La mode? Le mouvement ambiant, quel qu'il soit ? Je ne sais. Le chrétien doit être un homme de principe. Il doit avoir la foi. Il doit avoir l'espérance. Le chrétien ne désespère pas. Nous, qui avons la foi, nous ne désespérons pas. Mais, le chrétien doit avoir aussi la charité.
Je vais clore en parlant de la charité. L'apôtre Paul écrit, qu'entre la foi, l'espérance et la charité, « la plus grande d'entre elles, c'est la charité ». Elle donne un sens à notre vie et lui fixe un but, celui de l'amour véritable. L'amour nous préoccupe tous dans le monde aujourd'hui, en particulier parmi les jeunes. Vous allez l'expérimenter, et le monde d'aujourd'hui vous propose bien de tentations. J'espère que vous connaîtrez l'amour, l'amour vrai et non pas un amour frelaté. Non pas un amour qui dure un ou deux jours, et qui est suivi d'amertume et de séparation. Faites attention. Faites bien attention. Si vous aimez quelqu'un, aimez-le d'un amour véritable, non en apparence, non d'un amour éphémère. Un amour sans sacrifice, sans respect de l'autre, n'a aucun sens. Il devient passion. La passion ne dure guère. Elle est suivie d'amertume et de tristesse, mais aussi de désespoir et, à Dieu ne plaise, de suicide, ce qui n'est pas, grâce à Dieu, aussi courant au Liban qu'ailleurs. Nous ne voulons pas d'un amour de ce genre. Nous le réprouvons. Nous voulons un amour véritable, tel que je l'ai décrit, un amour soutenu par l'espérance et la foi.
Je vous remercie.
Texte tiré du SOP 347 – avril 2010, pages 20-23
Les intertitres sont de la rédaction du SOP
Dimanche de l’aveugle-né
Monastère du Buisson Ardent – Carcason
L’épisode de l’aveugle-né illustre une phrase du prophète Isaïe : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé pour annoncer aux aveugles le recouvrement de la vue » (Isaïe - : -, Luc 4 : 18).
Ce dimanche développe le thème de la lumière du Christ ressuscité ; le Christ est la lumière du monde, cette lumière qui luit dans les ténèbres, qui éclaire ceux qui sont dans les ténèbres. Elle a éclairé l’aveugle qui par sa simplicité, son humilité et son authenticité a découvert la personne du Christ sauveur. Et il l’a adoré finalement en Esprit et en Vérité.
Sans doute la foi de l’aveugle guéri est le résultat d’une expérience vécue personnellement avec le Christ. Elle ne résulte pas d’une simple suite d’un commandement, d’une loi ou d’une doctrine. Elle est l’exemple d’une foi vivante, celle de personnes convertis, néophytes illuminés.
J’ajouterai personnellement que celui qui suit cette voie du Christ, comme l’a fait l’aveugle, et ce dans le monde actuel courra le risque d’être persécuté ou même d’être rejeté par la société actuelle. Cependant il trouvera une grande consolation dans le Christ et dans l’Eglise, et sera un bon levain, une grande espérance pour le salut de plusieurs personnes.
L’Eglise chante aujourd’hui : « Christ notre Dieu Soleil de Justice… Toi qui a ouvert les yeux de l’aveugle-né, ouvre les yeux de nos âmes et fait de nous des enfants de lumière… »
Amin
Dimanche de la Samaritaine- le 2 Mai 2010 - Paris
L’eau vive (Jn 4 : 10) que donne le Seigneur n’est autre chose que l’Esprit Saint (voir Jean 7 : 37- 39).
Jésus, fatigué du voyage, dit à la Samaritaine « donne-moi à boire ». Le Christ a soif, la soif et la faim du Christ sont pour le salut du monde.
Le Christ attache une importance spéciale à la relation entre la foi et la façon de vivre : « va, appelle ton mari et viens ici ». Il essaye d’élever l’esprit de cette femme et sa pensée de la soif humaine à la soif spirituelle. Il fallait pour cela qu’elle se confesse et se repente.
L’adoration n’est pas liée à un lieu mais à une personne. Son but est de mener l’homme à connaître le Dieu trinitaire; pour cela, il est nécessaire d’avoir la pureté du cœur et l’inspiration éclairée du Saint Esprit.
La connaissance des dogmes n’est autre que le résultat d’un renouveau spirituel de l’homme, d’une unification des énergies dissipées de son âme et de la libération de son esprit des images pécheresses.
Le Christ a voulu accomplir une pêche spirituelle, pour cela Il a fait preuve d’une condescendance totale.
En fin de compte la samaritaine a laissé sa cruche.
Homélies du Dimanche le 25 Octobre 2009
Cathédrale Saint Georges-Tripoli
Un homme possédé de démons… Il ne portait pas de vêtement et vivait dénudé…. Il habitait dans les tombeaux et se blessait lui-même avec des pierres. Il était malheureux et désespéré. Le Seigneur ordonna à l’esprit mauvais de sortir de cet homme, et le fou fut guéri. Les gardiens du troupeau, une fois là, trouvèrent l’homme assis aux pieds de Jésus, vêtu et dans son bon sens. L’homme se mit à proclamer ce que le Christ, Fils du Dieu Très-Haut, avait fait pour lui. (Luc 8, 26-39)
Jésus est venu pour libérer l’homme de l’esclavage des esprits mauvais.
L’homme malade vivait une dichotomie de l’être. Il n’avait plus ni personnalité, ni identité. Son nom était devenu ‘Légion’, c’est-à-dire que de nombreux démons étaient en lui, dispersant son être. Le démon est celui qui sépare.
Par peur pour leurs intérêts, les habitants du pays des Géraséniens demandèrent à Jésus de s’éloigner. Quant à l’homme, guéri après sa rencontre avec Jésus, Fils de Dieu et Sauveur, il devint un apôtre.
La puissance du Seigneur apparaît dans la régression de la maladie et la libération de l’homme, inaugurant ainsi un temps nouveau.
Bien aimés,
Chacun de nous est malade dans son âme car, « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Ro 3, 23), et « le monde entier gît au pouvoir du Mauvais » (1 Jean 5, 19), comme l’écrit l’Apôtre Jean le bien aimé. L’Eglise existe essentiellement pour s’occuper des âmes des hommes, pour les guérir et les mener au salut. Saint Jean Chrysostome compare l’Eglise à un « hôpital ». Dans son ouvrage sur le ‘Sacerdoce, il célèbre la personne du prêtre et son rôle en tant que médecin des âmes et des corps, à l’imitation du Christ. De même, il souligne la nécessité de son éducation et de sa bonne préparation au sacerdoce, tant la mission sacerdotale surpasse toute autre mission.
L’Evangile de ce jour nous apprend que Jésus nous libère des maux de ce monde, et que le temps nouveau qu’Il inaugure est un temps de paix et de bonne santé, qui se réalise au sein de l’Eglise et dans le monde vers lequel cette Eglise qu’Il a fondé avec les prophètes, les apôtres et les saints, étend son ministère.
Ceci implique que tout projet, toute institution, toute école, toute association, et même tout monastère qui ne contribueraient pas à la mission de l’Eglise, à savoir s’occuper des âmes humaines et les convier au salut par Jésus-Christ, nous seront totalement indifférents. Ils resteront stériles et pourront même être objet de scandale.
Naturellement, j’essaierai de ne rebuter personne. Mais, je suis tenu d’être fidèle au message évangélique, à travers le message de l’Eglise dans le monde.
Toute personne sensible à cette évidence et prête à la considérer primordiale dans son travail et sa vie, sera la bienvenue non seulement pour m’apporter son aide, mais pour devenir mon maître.
Dans le monde d’aujourd’hui, mous avons surtout besoin de personnes passionnées pour le Seigneur Jésus-Christ et Son Eglise. Que celui dont le cœur est habité par une telle flamme, vienne vers moi pour que nous œuvrions ensemble à affronter les maladies de ce siècle et à revitaliser et construire un homme nouveau et une patrie nouvelle.
Ephrem,
Métropolite de Tripoli, Koura et Dépendances
Le 25.10.2009
Lors de la première Sainte Liturgie dans la Cathédrale de Tripoli.